Fin de la saison sportive d'escalade

Focus sur une dirigeante de club

FFEMMES - 11/12/19 à 15:30

 

Découvrez la pratique au féminin dans nos activités et nos clubs pour toutes et avec toutes. Présentation aujourd'hui de la présidente du club Caroux Montagnes de l'Hérault : Claire Gleizes Tailleur. Le club est installé depuis plus de 20 ans dans la région avec en moyenne 70 adhérents.

 

Bonjour Claire, pouvez-vous vous présenter pour ceux qui ne vous connaissent pas encore ?

Je suis Claire Gleizes Tailleur et je fais de l'escalade depuis l'âge de 15 ans mais aussi de l'alpinisme et du ski-alpinisme et j'en suis à mon 3ème clubs du territoire. J'ai toujours pratiqué en club parce que pour moi c'est normal d'être en club, c'est comme ça que j'ai appris et je rends ce que l'on m'a donné en apprenant aux autres. Puis c'est plus convivial de se retrouver pour grimper en groupe dans une structure.

claire gleizes tailleur ski alpi

 

C'était comment quand vous avez commencé à grimper ?

Alors moi en fait, j'ai commencé l'escalade en chaussures de randonnée pendant un an avant que mes parents m'achètent des chaussons et ça a été pour moi de suite plus facile de grimper. Aussi au niveau technique, on plantait des pitons avant et qu'est-ce que ça massacrait les doigts ! C'était différent...

Mes 2 anciens clubs étaient basés à Béziers. En plus on est loin de la ville dans le Caroux donc ce n'était pas toujours facile de trouver du monde pour grimper. Au club de la vallée maintenant, on est tout de même 70 adhérents en moyenne donc les choses se sont améliorées.

 

Vous êtes présidente d'un club de montagne et d'escalade, qu'est-ce qu'être présidente d'une telle structure ?

Et bien, j'ai envie de vous dire que c'est d'abord du plaisir. C'est ce que je veux mettre en avant. D'un côté il faut mettre en route des activités, organiser des sorties et c'est très convivial de réussir à joindre toutes les générations au sein du club. Ensuite vous avez la partie administrative du poste, mais surtout cette casquette de présidente qui doit donner l'exemple aux adhérents. Il faut savoir dire les choses comme par exemple répéter aux adhérents de toujours faire le noeud en bout de corde même si à priori il n'est pas indispensable en salle. Il faut qu'ils prennent les bonnes habitudes et c'est mon job de les convaincre, de les entrainer avec moi pour qu'ils le transmettent. C'est un équilibre à trouver.

 

Comment arrive-t-on à ce poste, cette responsabilité ?

Je suis présidente depuis février 2012 dans le club et j'étais arrivée 8 ans avant sans viser du tout la présidence parce que je venais d'un club où j'avais trop donné sans suffisamment de retours et je voulais continuer à grimper. Mais au bout de 3-4 ans je me suis retrouvée trésorière parce que personne ne voulait s'y mettre et que je n'aurais pas été à l'aise de laisser le pauvre président faire trésorier en plus. Car un président de club fait souvent ce que les autres ne veulent pas faire, il faut faire tourner la boutique, alors il s'y colle... Puis ce président a déménagé dans les Alpes et il fallait quelqu'un pour prendre sa suite. Cela s'est fait de manière normale, j'avais le plus de compétences dans le club et je m'étais attachée au club, je voulais qu'il vive...

 

claire gleizes tailleur escaladeclaire gleizes tailleur montagne

 

En tant que femme, avez-vous eu des expériences ou remarques désobligeantes ?

Ah oui ça m'est arrivée !! Alors pas dans mon environnement proche mais j'ai une anecdote.

C'était avec un guide qui considérait que je n'étais pas à ma place. Peut-être parce que j'avais réalisé la même voie que lui en tête il trouvait que cela la dévalorisait. C'était à la Contamine dans les Petites Jorasses. Moi ce genre de guide, j'ai envie de l'appeler petit guide comme on dit petit ou grand homme. C'est sûrement une réaction de macho de se sentir attaqué parce qu'une femme fait la même voie que soi avec tout autant de facilité, je ne sais pas vraiment....

Malgré cela quand nos cordées se sont séparées, à la rimaye, en bas des 16 rappels il m'a remerciée, il avait compris certaines choses. Il avait changé de regard sur moi, même si moi je n'avais pas changé !

 

Est-ce que vous voyez une évolution, aujourd'hui, dans l'acceptation des femmes dans nos activités ?

Oui effectivement, en escalade, il n'y a plus cet étonnement masculin, je le ressens bien moins avec la popularisation de la pratique féminine en tête. Par contre je ne sais pas au niveau de l'alpinisme si cela a vraiment changé depuis mais le problème se situait surtout de mon point de vue au niveau de certains guides comme je l'ai expliqué. Bien entendu, j'espère que les mentalités ont changé.

 

Pour finir, que diriez-vous aux femmes qui hésitent à se lancer dans les activités de montagne et d'escalade ?

Qu'elles n'aient pas peur de se lancer, elles sont les égales des hommes quoiqu'en puisse penser certains. Nous pouvons avoir le plaisir de réussir, de faire par nous mêmes, en escalade, en alpinisme, en ski...

FFEMMES Logo final

Nous remercions Claire Gleizes Tailleur d'avoir répondu à nos questions pour cette première.

Dans la région Occitanie, on note une parité quasiment parfaite chez nos licenciés jeunes (2540 hommes et 2470 femmes) qui sans aucun doute continuera dans ce sens à l'avenir grâce aux efforts de tout un chacun pour accueillir dans leur structure et transmettre les valeurs qui définissent nos sports.