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Protéger les Grand Tétras et les Lagopèdes du massif du Saint Barthélémy

INFORMATIONS - 22/03/21 à 12:45

 

Informations de la Réserve Naturelle Régionale du Massif du Saint Barthélémy :

La réserve naturelle régionale du massif du Saint Barthélémy abrite des populations de Lagopèdes des Pyrénées ou Perdrix des neiges, et de Grand Tétras ou Coq de bruyère. Ces deux espèces très sensibles au dérangement sont actuellement fragilisées pour diverses raisons. Les gestionnaires de la réserve naturelle ont la responsabilité de les préserver au mieux.

 

Préserver l'unique population de Lagopèdes du massif de Saint Barthélémy

Cette authentique relique de l'époque glaciaire parfaitement adaptée au froid est sédentaire et vit au-dessus de 2000 mètres d'altitude toute l'année. Dans le massif du Saint Barthélémy, cet habitat est présent vers les sommets sur une surface très restreinte, autour du Pic du Saint Barthélémy. Le petit groupe de lagopèdes qui y subsiste est isolé de plus de 20 kilomètres des plus proches populations, une réelle contrainte pour cet oiseau sédentaire aux capacités de vol limitées.

Plusieurs facteurs menacent aujourd'hui les ladopèdes :

  • L'augmentation de la fréquentation par les randonneurs en hiver le pousse à fuir davantage et donc à s'exposer aux prédateurs (rapaces), tandis que sa stratégie de survie est basée sur le fait de rester caché grâce à son plumage qui devient  blanc en hiver (mimétisme). Le dérangement a également un impact non négligeable sur son énergie à une période où les ressources alimentaires sont limitées. Le lagopède a besoin de cette énergie pour se reproduire.
  • Si le Lagopède est parfaitement adapté au camouflage dans la neige avec son plumage blanc en hiver, il devient en revanche très visible par manque de neige. Une tâche blanche sur l'herbe ou les rochers sombres est facile à voir pour les prédateurs. Les hivers actuellement de moins en moins enneigés peuvent lui être fortement défavorables.
  • Sa nidification peut se trouver également impactée par le dérangement. L'oiseau niche au sol, et les poussins sont donc très vulnérables de début mai jusqu'à leur émancipation durant l'été.

 

La répétition des dérangements peut pousser des individus à quitter le site et ainsi faire échouer la reproduction.

Une zone garantissant la quiétude de cette espèce a donc été installée sur le versant nord et la crête du pic de Saint Barthélémy. De décembre jusqu'au déneigement printanier, l'accès au sommet reste autorisé depuis les Monts d'Olmes mais pas au-delà. Au printemps, les sentiers balisés restent bien évidemment autorisés.

zone de quietude

 

Protection pour le Grand Tétras

Les menaces concernant cet oiseau emblématique des forêts de montagne sont nombreuses à l'échelle nationale et pyrénéenne. Son habitat est dégradé par les activités et aménagements humains. L'augmentation de la fréquentation de la montagne en toutes saisons provoque du dérangement, parfois jusqu'à l'abandon des sites favorables. L'hiver est une période particulièrement sensible au vu des contraintes du froid et des ressources alimentaires limitées. Si l'oiseau est dérangé lors de sa recherche de nourriture, il risque de ne pas s'alimenter. La reproduction puis l'élevage des jeunes au printemps dépendent également de cette tranquilité.

Pour ces raisons, une zone de quiétude balisée a été installée dans les forêts à proximité du refuge de Pratmau.

protection grand tetras

 

Les gestionnaires de la réserve naturelle régionale du massif du Saint Barthélémy (commune de Montségur et Ana - Conservatoire d'Espaces Naturels d'Ariège) sont conscients que la mise en place de ces zones de quiétude représente une contrainte pour les pratiques de loisirs sur le site. La fréquentation a fortement augmenté cet hiver dans le contexte de fermeture des stations de ski, et incite à une vigilance renforcée du point de vue des risques de dérangement sur ces espaces.

 

On entendra toujours dire que "des oiseaux y en a !", et que "on ne peut plus rien faire, même en montagne". Cependant, au regard des enjeux actuels sur ces deux espèces, il est de notre responsabilité de mettre en place ces zones de quiétude pour assurer la protection de ces oiseaux emblématiques des Pyrénées. Nous remercions les usagers de la montagne pour leur compréhension et leur contribution pour préserver la biodiversité des derniers écrins sauvages de nos chères Pyrénées.